Yves Leterme: Le temps est venu de remettre l'Europe en action

The great challenge for the European Union is to revive growth, restore financial and economic stability and re-establish budgetary discipline, says Yves Leterme, Prime Minister of Belgium, in an exclusive interview for this webpage. His country holds the Presidency of the EU Council during the second half of 2010.

<p>Yves Leterme, Prime Minister of Belgium<br />© Belgium Presidency of the Council of the European Union</p>

Yves Leterme, Prime Minister of Belgium
© Belgium Presidency of the Council of the European Union

Yves Leterme: Le temps est venu de remettre l'Europe en action


Yves Leterme, Premier Ministre de la Belgique
© Présidence belge du Conseil de l'Union européenne

Le grand défi pour l´Union européenne, c´est de renouer avec la croissance, restaurer la stabilité financière et économique et rétablir la discipline budgétaire, déclare, dans une interview exclusive pour ce site, Yves Leterme, le Premier Ministre de la Belgique. Son pays exerce la présidence du Conseil de l´UE au deuxième semestre 2010.

Etat membre fondateur, la Belgique a entamé ce 1er juillet sa douzième présidence du Conseil. Comment allez-vous pouvoir tirer profit de l'expérience ainsi accumulée ?

Nous avons en effet, non seulement dans notre monde politique, au niveau fédéral comme au niveau régional, mais aussi dans notre corps diplomatique et dans toute notre administration un grand nombre d’hommes et de femmes qui ont une connaissance approfondie de l’Union européenne et de son fonctionnement. Les mécanismes de préparation d’une présidence sont donc bien rôdés. L’enseignement essentiel qui découle de cette expérience réside dans la volonté d’épouser avec réalisme l’agenda européen et de le faire progresser de façon efficace. Nous sommes portés par les convictions européennes de nos citoyens. L’idée de l’Europe, l’intégration européenne restent populaires en Belgique.

Quelle marque la Belgique veut-elle imprimer à cette présidence ?

Je suis frappé de sentir combien le reste du monde est convaincu que demain sera meilleur. En Asie par exemple, l’énergie, l’ambition, la confiance en soi et en demain sont presque tangibles. L’Amérique croit toujours en elle-même, malgré ses problèmes. La tenue de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud a été un signal fort pour et par l’Afrique, une injection d’adrénaline. L’Europe par contre semble avoir perdu sa foi dans l’avenir. C’est à cela en premier lieu que nous voulons nous attaquer. Il faut redonner confiance à l’Europe, renouer avec l’ambition pour l’Union européenne.

Nous avons préparé notre douzième Présidence du Conseil avec d’autant plus d’intérêt que se clôture une longue période de transition de près de 10 ans qui a été initiée par la Déclaration de Laeken et s’est achevée avec la ratification du traité de Lisbonne. Aujourd’hui l’Union est relancée, avec un Parlement nouvellement élu, une nouvelle Commission et de nouveaux acteurs, notamment le Président permanent du Conseil européen et la Haute Représentante - Vice - Présidente de la Commission. La volonté de la Présidence belge est de mettre en œuvre le nouveau traité dans sa lettre et son esprit et de faciliter le bon fonctionnement des institutions. Derrière ce projet se cache une ambition bien concrète, celle de créer les bons précédents dans les relations entre les institutions, et celle de résorber une partie de l’arriéré législatif qui s’est accumulé depuis les élections de l’an dernier. Seule une action collective entre le Conseil et les autres institutions permettra à l’Europe de relever les défis et les enjeux du moment.

Quels sont les principaux défis auxquels, selon vous, M. le Premier Ministre, l'Europe doit faire face ?

Le grand défi pour l’Europe, c’est de renouer avec la croissance. Il faut restaurer notre stabilité financière et économique, rétablir la discipline budgétaire sans obstruer la reprise économique, et retrouver le chemin d’une croissance annuelle d’au moins 2%. Nous avons besoin de cette croissance pour financer notre model social auquel nous restons attachés. Et nous avons besoin de cette stabilité et de cette croissance pour notre crédibilité dans le monde. Notre poids politique et diplomatique dépendent de notre solidité financière et économique. Après la période de transition que nous venons de vivre, le temps est venu de « remettre l’Europe en action ».

Vous avez annoncé le programme de priorités de cette présidence. Pourriez-vous en commenter les cinq grands axes ?

Le programme de la Présidence belge est axé sur cinq lignes de force: le retour à la croissance économique durable; la cohésion sociale; la protection de l’environnement et le climat; le programme de Stockholm pour une meilleure coopération dans le domaine de la justice et des affaires intérieures; et enfin la dimension extérieure de l’Union.

En ce qui concerne la sortie de crise et le retour à la croissance économique, nous avons besoin, comme je l’ai déjà dit, de stabilité financière. Une crise bancaire dont nous n’étions pas responsables nous a entraînés dans une dure récession dont nous peinons à sortir. La Commission européenne a rédigé un certain nombre de propositions pour prévenir une répétition de ce type de crise aux conséquences aussi désastreuses pour nos états membres et nos citoyens. La Belgique souhaite faire aboutir pendant sa présidence la nouvelle structure de surveillance des institutions financières et celle des fonds d’investissements alternatifs dont les « hedge funds ». Il est urgent que ces propositions se concrétisent.

D’autre part, au mois d’octobre, la Task Force sera prête avec ses recommandations au sujet de la discipline budgétaire, le Pacte de stabilité et de croissance, et la gouvernance économique. Ce sont des priorités pour la Belgique et, en consultation étroite avec la Commission européenne et le Parlement européen, nous apporterons tout notre appui pour que ces recommandations soient implémentées le plus rapidement possible.

Pour renforcer ou rétablir la cohésion sociale, il faut remettre l’Europe au travail. Il faut éliminer les goulots d’étranglement qui empêchent trop d’Européens d’avoir accès au travail. Nous devons retrouver le chemin de la croissance, et la route qui y mène est la stratégie Europe 2020 pour l’innovation et l’emploi. La présidence belge s’appuiera sur les initiatives phares que la Commission a annoncées.

Dans l’ère de la mondialisation, nous devons stimuler l’Europe à devenir une économie compétitive, innovante, à faible intensité de carbone, et orientée vers la croissance.

La cohésion sociale, cela veut dire aussi que nous voulons stimuler le débat sur la dimension sociale de l’Union à travers les thématiques de l’emploi, de la santé publique, de la protection sociale.

Au sujet du climat et de l’environnement, la priorité va à la relance des négociations à Cancún, et l’adoption de textes législatifs qui feront progresser la protection de l’environnement au sein de l’Union.

Pour l’approfondissement de notre espace de justice, de sécurité et de liberté, nous voulons stimuler la mise en œuvre du Programme de Stockholm, spécialement dans le domaine de l’asile, et de la lutte contre le terrorisme.

En ce qui concerne l’action extérieure, l’Union se trouve devant le défi de mettre en place son propre réseau de représentation diplomatique dans le monde, ce qui contribuera fortement à sa visibilité et à sa crédibilité. La Belgique soutient sans réserve la mise en place du Service européen pour l´action extérieure.

Un autre point important est l’élargissement de l’Union. Les négociations d’adhésion avec tous les pays candidats doivent être poursuivies vigoureusement, et chaque pays candidat doit être jugé sur ses mérites propres.

Expliquer les questions européennes aux citoyens est souvent difficile. Quels instruments de communication la Belgique a-t-elle mis en place ?

Le Belgique utilise pleinement les nouveaux médias et nouvelles techniques de communication. Le 25 juin j’ai lancé, avec le Ministre des Affaires étrangères, Steven Vanackere, et le Secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Olivier Chastel, le site internet officiel de la Présidence belge, www.eutrio.be. Ce site sera le centre névralgique de la communication pendant la durée de la présidence belge de l’UE.

Les citoyens, qu’ils soient belges, européens ou originaires d’autres pays, constituent un important groupe cible et bénéficient d’une large offre en informations: photos, actualités de l’UE, calendrier des activités culturelles.

Le site web peut être consulté en tout temps et en tout lieu grâce à la version mobile. On peut consulter la rubrique actualité et le calendrier via smartphone, PDA et GSM ou suivre de près les activités des ministres et de leurs collaborateurs via Twitter. La fonctionnalité « share this » permet de partager l’information et de la réutiliser sur des sites de socialisation en réseau, via Twitter et via des « bookmarks ».

Bien sûr, les services de presse de notre diplomatie ont été renforcés pour répondre au mieux à toutes les questions des journalistes.

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