Nous sommes plus en sécurité aujourd'hui qu'il y a dix ans

Le 5 septembre, Gilles de Kerchove, le coordinateur de l'UE pour la lutte contre le terrorisme, faisait le point de l'évolution intervenue depuis les attentats commis aux États-Unis et présentait son rapport intitulé "10 ans - 10 enseignements: ce que l'expérience acquise depuis le 11 septembre 2001 peut nous enseigner pour l'avenir". Selon M. de Kerchove, un nouveau 11 septembre ne serait probablement plus possible.

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La situation a beaucoup évolué depuis 2001. Le projet Al-Qaida a échoué, le noyau central de l'organisation est affaibli du fait de problèmes de financement ainsi que de la mort d'Ossama Ben Laden et de la mort ou de l'emprisonnement d'autres dirigeants d'Al-Qaida. C'est ce qu'ont révélé en particulier les révoltes du "printemps arabe", au cours desquelles on a vu la population descendre dans la rue pour exiger le retrait des régimes autocratiques et l'instauration de la démocratie, de la liberté et du respect des droits de l'homme. Aucune référence n'a été faite à l'idéologie islamiste.

La menace est devenue plus diversifiée, complexe et subtile en raison notamment du "franchisage" de groupes affiliés à Al-Qaida; or ceux-ci suscitent une préoccupation croissante parce qu'ils sont beaucoup plus dangereux que le noyau d'Al-Qaida. Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA) est, techniquement, le groupe le plus construit, et il a été en mesure de planifier plusieurs attentats graves; il y a d'autres groupes tels que Al-Shabab, en Somalie, et Al-Qaida pour le Maghreb islamique qui est actif principalement dans le Sahel, mais qui étend son action au Nigeria et pourrait affecter le reste de l'Afrique.

Une autre menace est constituée des Européens ou des étrangers qui vivent en Europe et présentent des apparences de respectabilité mais qui se rendent à l'étranger pour s'y entraîner ou combattre, ou encore des terroristes endogènes qui cherchent à organiser des attentats contre leur propre pays ou des pays voisins. L'attentat commis cet été à Oslo par Anders Breivik vient nous rappeler que le terrorisme n'est pas exclusivement islamiste; tous les mouvements extrémistes représentent une menace.

Malgré cette situation inquiétante, Gilles de Kerchove confirme que "nous sommes plus en sécurité aujourd'hui qu'auparavant", parce que la réponse apportée par les États membres, l'Europe et le reste du monde s'est considérablement améliorée. Europol, l'Office européen de police, a par exemple appuyé l'enquête menée par la police norvégienne pour déterminer si Breivik avait bénéficié d'une aide pour commettre ses crimes.

"Globalement, au niveau interne, nous sommes bien mieux outillés qu'il y a dix ans. Cela ne signifie pas que nous serons en mesure de déjouer tous les complots, mais nous nous employons avec plus d'efficacité à prévenir le terrorisme, à mener les enquêtes et les poursuites nécessaires, ainsi qu'à limiter le plus possible les conséquences des attentats. Nous pourrions être confrontés à des attentats plus opportunistes et de moindre envergure plutôt qu'à des attentats plus sophistiqués", a déclaré le M. Antiterrorisme de l'UE.

Par la collecte, l'échange et l'analyse de données, l'UE et le reste du monde se sont donné les moyens de mieux résister aux attentats. La sécurité aux frontières a été renforcée, les autorités coopèrent avec les transporteurs et les prestataires. Le filtrage des passagers, mais aussi la protection des données à caractère personnel, sont bien réglementés, encore qu'il conviendrait d'améliorer également le filtrage des marchandises. La cyber-sécurité représente un autre défi et, à cet égard, Gilles de Kerchove préconise l'élaboration d'un code de conduite sur les comportements à adopter dans le cyber-espace.

Il a souligné que nous devons répondre aux menaces et aux attentats par la voie judiciaire. Les auteurs d'actes terroristes doivent être traduits en justice afin de démontrer qu'ils sont des criminels comme les autres et de les priver ainsi du statut glorieux de héros et de combattants de la liberté.

Aujourd'hui plus encore que par le passé, il importe de s'attaquer aux conditions qui sont propices à un développement du terrorisme, d'œuvrer davantage en faveur des droits de l'homme, de l'État de droit, de la bonne gouvernance et de la démocratie, et de s'employer à offrir aux peuples, en particulier dans le monde en développement, des perspectives économiques et sociales.

En Europe, il faut s'investir dans la lutte contre la radicalisation et le recrutement des terroristes. Le 9 septembre, Cecilia Malmström, membre de la Commission en charge des affaires intérieures, a lancé un réseau européen de sensibilisation à la radicalisation. Il s'agit d'un réseau faîtier à l'échelon de l'UE qui met en rapport les praticiens et les acteurs locaux participant à l'action de lutte contre la radicalisation violente.

 

Pour plus d'informations:

Conférence de presse de Gilles de Kerchove
10 ans - 10 enseignements
(pdf) (en)
La Commission européenne redouble d'efforts pour lutter contre l'extrémisme violent

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