Présidence espagnole: faire face à la crise

The Spanish Presidency of the Council in the first half of this year enabled Europe to maintain its political momentum even during the most pressing moments of the crisis, stresses José Luis Rodríguez Zapatero, President of the Government of Spain, in an exclusive interview for this website.

<p>José Luis Rodríguez Zapatero,<br />President of the Government of Spain<br />© European Union, 2010</p>

José Luis Rodríguez Zapatero,
President of the Government of Spain
© European Union, 2010

Présidence espagnole: faire face à la crise


José Luis Rodríguez Zapatero,
président du gouvernement espagnol
© Union européenne, 2010

La présidence espagnole du Conseil pendant le premier semestre de cette année a permis à l'Europe de maintenir sa dynamique politique même pendant les moments les plus préoccupants des crises, souligne José Luis Rodríguez Zapatero, président du gouvernement espagnol, dans une interview exclusive pour notre site Internet.

Monsieur le président, la présidence espagnole s'achève après six mois marqués par la mise en application du traité de Lisbonne et par l'adoption de décisions d'une portée considérable pour faire face à la crise économique et financière. Quel bilan tirez-vous cette période?

Il s'agit d'une période qui a été très importante pour l'Europe et pendant laquelle il a fallu prendre des mesures résolues dans deux domaines prioritaires, à savoir l'application intégrale et effective du traité et l'adoption des politiques et mesures nécessaires pour faire face à tous les aspects de la crise. Pendant cette période, le niveau de coordination entre les institutions européennes et l'ensemble des États membres de l'Union européenne a été maximal, pour adopter des mesures qui étaient impensables il y a seulement quelques mois, tant en ce qui concerne le sauvetage de la Grèce que l'adoption d'un mécanisme européen de stabilisation d'un montant de 750 milliards d'euros.

Ce qui ressort nettement de ce semestre de présidence tournante, c'est qu'il aurait été beaucoup plus difficile de relever les nouveaux défis sans le traité et que le principe de responsabilité partagée fonctionne correctement à tous les niveaux. Au cours de ces six mois, il s'est révélé capital pour la présidence de renforcer l'image d'unité européenne et la capacité de l'Europe à inspirer la confiance et à créer de la stabilité.

Dans quelle mesure votre pays a-t-il réussi à remplir les quatre priorités sur lesquelles reposait le programme de la présidence?

En ce qui concerne la mise en œuvre du traité, notre présidence a pleinement soutenu les nouvelles institutions que sont le président du Conseil européen et lehaut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et elle a toujours agi dans le respect total du nouvel équilibre institutionnel établi par le traité. Cette période n'a pas été celle de la suprématie ou de la prééminence individuelle, mais plutôt le moment d'unir nos forces et d'assumer nos responsabilités.

Pour ce qui est des questions économiques, nous avons dû mener une action résolue tant en adoptant des mesures ayant des effets à très court terme qu'en stimulant, dans le même temps, d'importants processus de réforme à moyen et à long terme. Lors de sa dernière réunion, le Conseil européen a ainsi décidé de publier les résultats des tests de tension auxquels ont été soumises les banques, qui ont constitué une mesure d'application immédiate, et il a approuvé la stratégie pour la croissance et l'emploi, qui est quant à elle un programme de réformes de grande envergure au sein de l'Union européenne. Je crois qu'au cours de ces six mois, avec l'aide des institutions et des États membres de l'Union européenne, la présidence espagnole a réussi à faire de l'Europe un exemple crédible pour lutter contre la crise.

Enfin, en ce qui concerne les deux autres grands domaines sur lesquels notre présidence a concentré ses efforts (les relations extérieures et le renforcement des droits et de la sécurité des citoyens), la présidence a obtenu des résultats positifs lors de tous les sommets qui ont eu lieu, en particulier lors des sommets avec l'Amérique latine et centrale, et elle a lancé des propositions importantes concernant des sujets sensibles tels que l'éradication de la violence sexiste et la stratégie antiterroriste.

Avec l'aide des institutions et des États membres de l'Union européenne, la présidence a réussi dans une très large mesure à respecter son programme, ce qui a permis à l'Europe de maintenir sa dynamique politique même pendant les moments les plus préoccupants de la crise.

Pourriez-vous donner plus de précisions sur la coordination des politiques économiques?

Dès le tout début de sa présidence de six mois à la tête de l'Union européenne, l'Espagne a fait de la nécessité de renforcer la coordination des politiques économiques en Europe l'une de ses principales priorités, une nécessité que l'actualité économique des derniers mois n'a fait que confirmer. Par conséquent, dans l'exercice de sa présidence tournante de l'UE, l'Espagne a favorisé le renforcement de la gouvernance économique et y a contribué par les mesures suivantes. Premièrement, nous avons appuyé le lancement de la Stratégie Europe 2020, qui représente une étape clé dans le processus de réformes structurelles en Europe en vue de réaliser une croissance durable, inclusive et génératrice d'emplois. Dans l'exercice de sa présidence tournante et en tant qu'État membre de l'Union économique et monétaire, l'Espagne a par ailleurs contribué à la réponse coordonnée de l'Europe face à la crise économique et financière internationale et à la crise de la dette souveraine qui a frappé les marchés européens. Enfin, l'Espagne a activement collaboré à la mise en œuvre des travaux du groupe de travail présidé par Herman Van Rompuy, dont l'objectif est d'améliorer la discipline budgétaire et de prévoir des mécanismes plus efficaces de gestion des crises.

Comment le trio de présidences avec la Belgique et la Hongrie a-t-il fonctionné?

La présidence espagnole a mis en pratique l'esprit du traité de Lisbonne avant même qu'il n'entre en vigueur, en établissant un cadre de coopération avec les deux présidences suivantes (la Belgique et la Hongrie), qui s'est traduit par un programme de dix-huit mois et un symbole commun pour la première fois dans l'histoire de l'Union européenne. L'Espagne a compris que, pour tout projet à entreprendre, l'idée de continuité, qui est à présent garantie grâce aux nouvelles institutions que sont le président du Conseil européen et le haut représentant, devrait également se traduire par une amélioration de la coordination entre les trois présidences tournantes. C'était là l'aspect essentiel de notre coopération avec la Belgique et la Hongrie. Jusqu'à présent, les résultats ont été excellents, tant avant que pendant notre présidence, et nous espérons également contribuer efficacement au succès de la Belgique et de la Hongrie dans les mois à venir.

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